L’accompagnement à la scolarisation

Les mineurs isolés demandeurs d’asile ont besoin d’un accompagnement administratif à l’accès à la scolarisation qu’il serait rébarbatif de décrire ici dans le détail. Il comprend bien sûr les inscriptions dans les écoles, les liens avec les directeurs d’établissement et le service de la mairie de Mamoudzou. Il comprend la constitution du dossier administratif avec l’établissement des pièces nécessaires et toutes les difficultés que cela engendre du fait de l’absence de représentant légal sur le sol Mahorais.

Au-delà de ce volet administratif, il est nécessaire de mettre en place un suivi régulier avec les Conseillers Principaux d’Education, les professeurs, parfois les assistantes sociales scolaires ou les directeurs d’établissement afin d’accompagner les jeunes dans leur parcours éducatif. Ces temps de régulation avec le personnel de l’éducation nationale permettent par un suivi appuyé de trouver des solutions aux difficultés que rencontrent parfois les jeunes ou les établissements scolaires, dans la gestion des relations tant éducatives qu’institutionnelles qui doivent se mettre en place entre eux.

Par ailleurs, un travail sur le niveau scolaire. En effet, les jeunes voulant intégrer un établissement scolaire sont dans l’obligation de se préparer au test d’entrée aux établissements scolaires (ENAM Elèves Nouvellement Arrivés à Mayotte) organisé par le vice rectorat. Le résultat de ce test déterminera leur possibilité à accéder ou non à la scolarisation. L’enjeu est donc extrêmement important pour ces jeunes et la préparation à ces tests est primordiale. C’est pourquoi l’association a développé en interne, avec son service Maison Des Etudes, des cours de préparation à cet examen pour les mineurs accueillis.

Ainsi, si la convention de financement énonce «mettre en place un accompagnement particulier des jeunes inscrits aux examens en candidat libre » c’est plutôt un accompagnement particulier des jeunes ayant obligation de passer le test d’entrée en établissement scolaire qui a été mis en place. Cela est dû au fait qu’aucun jeune ne s’est inscrit en candidat libre à un examen tels que le Baccalauréat ou le Brevet des Collèges.

Dans la continuité de ce suivi, des cours de soutien pour les jeunes inscrits dans un établissement scolaire ou dans un organisme de formation sont nécessaire pour lutter contre l’échec scolaire et la déscolarisation mais plusieurs freins se font jour.

Tout d’abord les horaires de soutien scolaire posent problème du fait du manque de disponibilité des jeunes durant le temps scolaire puisqu’ils sont à l’école. Mettre en place des ateliers le soir pose rapidement la question de la sécurité des jeunes s’ils quittent les ateliers à pieds à 19h30 ou 20h alors que la nuit est tombée.

Ces ateliers de soutien scolaire ne peuvent être opérés les mercredis car, du fait de l’emploi du temps des jeunes, c’est le seul moment où elle on peut procéder à des visites à domicile en journée, étant entendu que le créneau 18h-20h n’est ni sécure ni dans les horaires de travail.

Pour remédier à ces difficultés elle met en place des ateliers de soutien  scolaire par des bénévoles, avec toutes les contraintes qu’impose le travail avec des personnes non rémunérées, absentéisme, dilettantisme, etc.

De même, les conditions de vie très précaires, amènent des jeunes scolarisés en première et en terminale à décrocher du lycée pour pouvoir travailler et subvenir à leurs besoins premiers. Comment étudier si l’incertitude de pouvoir se maintenir dans son logement et la perspective de l’errance à la rue s’ébauche ? Comment étudier si sans se nourrir ? Ces questions de priorité ne peuvent être éludées et nos équipes, malgré toute la sensibilisation et les tentatives de trouver des solutions pour ces jeunes afin qu’ils étudient, sont parfois dans l’obligation de valider des projets individuels de report à plus tard du suivi de la scolarité pour faire face à des besoins du quotidien.

Les conditions matérielles d’existence de ces mineurs isolés demandeurs d’asile sont exposées au paragraphe ci-dessous, elles recoupent point pour point celles des majeurs.