L’accompagnement social global

L’accompagnement social proposé aux personnes est dit global car il couvre tous les champs d’intervention possibles au sein d’une plateforme d’accueil de demandeurs d’asile ainsi que tous ceux de l’accompagnement social classique à la vie quotidienne. Ces champs sont l’hébergement, la subsistance, la vêture, la santé (l’accès aux soins, soutien psychologique et nutrition) , l’accès aux droits, l’appui aux démarches administratives (tant liées à la vie à Mayotte qu’en lien avec les institutions de traitement de la demande d’asile – Ofpra / Cnda), l’accompagnement à la parentalité, la lutte contre l’oisiveté subie, la scolarisation des enfants, la prévention des conduites à risque, l’orientation vers les partenaires ou les services en interne, etc.

Il convient de présenter les éléments relatifs à la souffrance psychologique que doit gérer l’équipe du centre d’hébergement d’urgence car en effet, les manifestations des troubles et des symptômes s’y révèlent de façon accrue.

  • Prise en charge des demandeurs d’asiles victimes de stress post taumatique sévère 

On parle de traumatismes psychiques, de troubles, de désordres post traumatique (PTSD – Post Traumatic Stress Disorder) lorsque les personnes réagissent par le développement de symptômes psychologiques après qu’elles aient été exposées subitement à une ou des situations de risque d’anéantissement physique et psychologique, dans l’impuissance pour elle-même, ou pour des proches (c’est-à-dire sans possibilité d’y échapper ou de l’empêcher).

Ce sont les circonstances de guerre, de torture, de massacre, de persécution, de viol, de menace sur sa vie ou celle de ses proches. Lorsque le risque d’anéantissement résulte de l’intention d’autres êtres humains (torture, massacre, projet génocidaire…), ses effets sont plus profonds.

  • Gestion des symptômes habituellement présentés par des personnes traumatisées

Les symptômes manifestés par les personnes souffrant de PTSD sont difficilement conciliables avec la vie en collectivité que propose notre établissement. Cauchemars, troubles de la concentration, peurs paniques, isolement, trouble de la mémoire, confusion, désintérêt et évitement social, sensation du temps qui devient statique, impression de revivre les évènements sous forme de flashs-back sont autant d’états qui peuvent générer de graves situations de crise, placer les victimes dans une situation de vulnérabilité ou encore mener à des actes irraisonnés.

Le service psychiatrique du CHM n’a que 10 lits occupés très souvent en totalité (il est très sous-dimensionné par rapport au bassin de population Mahorais puisqu’équivalent à seulement 30% de ce qu’il devrait être). Ainsi, la moitié de nos résidents, qui après décompensation ne peuvent y séjourner, reviennent avec des traitements psychiatriques lourds qui les rendent mutiques et apathiques, hors du temps. Cette camisole chimique leur évite le passage à l’acte (se faire du mal ou dans un accès de violence agresser les autres résidents ou nous-mêmes) mais ne permet pas de résoudre leurs problèmes de fond.

L’équipe sociale n’est pas formée à cette prise en charge spécifique qui ne relève pas de son champ d’intervention mais relève du domaine médical, notamment pour la prise de traitements. La présence dans l’équipe de deux psychologues et une infirmière permet de mettre en place un appui technique à l’équipe sociale, de proposer des entretiens d’accompagnement psychologique aux usagers les plus en souffrance. 

  • Accompagnement psychologique 

Les résidents ont tous une histoire douloureuse marquée par des événements traumatiques importants : tortures physiques et psychologiques, viols, séquestrations, privations de liberté, perte d’êtres chers (parents,  époux,  enfants)  séparation familiale, fuite, exil. Afin de les aider à se reconstruire et ainsi à retrouver une estime d’eux même, à faciliter la communication de leurs émotions, nous orientons les usagers francophones  vers la  psychologue de l’association afin de les soutenir dans cette épreuve de manière immédiate et confidentielle. Elle les oriente au Centre Médico Psychologique pour un suivi et des consultations psychiatriques en fonction de l’évaluation des besoins qu’elle effectue.