Pilotage du dispositif et gestion de l’accueil

Le travail en réseau

Dans le cadre de la stratégie nationale de prise en charge des personnes sans abri ou mal logées, l’Etat a souhaité dans le cadre des Plans Départementaux d’Accès au Logement des Personnes Défavorisées (PDALPD) la mise en place d’un Service Intégré de l’Accueil et de l’Orientation à Mayotte (SIAO).

La commission d’admission est gérée depuis le 15 mai 2013 par la Croix Rouge, avec les 4 hébergeurs du département (ACFAV, TAMA, CEMEA, Solidarité Mayotte) ainsi que la Mission Locale qui oriente les jeunes, notamment vers le dispositif des CEMEA.

La présence de Solidarité Mayotte à cette instance reste peu opportune pour les services orienteurs notamment du Conseil Général car le dispositif a vocation à accueillir spécifiquement des demandeurs d’asile et non des personnes relevant des dispositifs de droit commun.

En effet, les primo-arrivants se présentent spontanément à nos services dont ils ont eu connaissance par le « bouche à oreille » communautaire et ne sont jamais orientés vers nos services par des partenaires institutionnels ou associatifs du travail social. Par contre, le personnel des administrations du Ministère de l’Intérieur – Préfecture, Centre de Rétention Administrative, Police Aux Frontières indiquent notre existence aux demandeurs d’asile qui passent par leurs services.

En revanche l’intérêt de la participation de Solidarité Mayotte au SIAO se révèle par l’expertise et les échanges pluridisciplinaires autour des situations et des dispositifs. Par ailleurs l’association se trouve parfois en situation d’orienteur vers les partenaires, car les personnes reconnues réfugiées statutaires émargent du fait de leur nouvelle situation administrative sur le droit commun. Solidarité Mayotte a présenté de nombreuses demandes émanant de statutaires pouvant accéder à un logement transitoire.

Gestion des arrivées

Les critères d’admission, définis de manière claire permettent la mise à l’abri et l’hébergement des primo-arrivants non placés en procédure prioritaire par la Préfecture. Ils permettent aussi la mise à l’abri de demandeurs d’asile majeurs, en cours de procédure classique (en possession d’un récépissé) en cas d’urgence avérée. Il arrive parfois qu’une décision de mise à l’abri soit validée en équipe,  pour des personnes en marge des critères, mais dont la situation au moment de la décision nécessite une mise à l’abri de protection. Cela explique pourquoi quelques statutaires ou mineurs apparaissent dans les statistiques des personnes hébergées.

Il arrive aussi que certains primo-arrivants disent ne connaitre personne sur Mayotte et que la mise à l’abri soit prononcée alors qu’après un recoupement nous découvrions que de la famille proche y soit installée. Dans ces cas-là nous procédons à la sortie immédiate du dispositif.

Tous les primo-arrivants reçoivent un APRF (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière) dès lors qu’ils sont arrêtés par la Police Aux Frontières au moment de leur arrivée. Les primo-arrivants peuvent se présenter n’importe quel à la Préfecture jour munis de leur convocation remise par la PAF lors de leur arrestation. Il leur est alors remis directement une APS ainsi que le livret OFPRA pour lequel le délai de rédaction jusqu’à l’expédition est de 21 jours calendaires.

Moyens mobilisés

  • Les résidents, au-delà de l’hébergement, perçoivent un panier alimentaire par semaine variable en fonction de la composition familiale. Ils bénéficient aussi d’un bon alimentaire de 10€ par personne afin de compléter les paniers (protéines, laitages, etc.).
  • Afin d’assurer la sécurité des résidents, ils peuvent utiliser un téléphone mis à leur disposition afin d’appeler les secours ou l’astreinte.
  • Un salarié est d’astreinte (7j/7j et 24h/24h). Le roulement se fait par tranches de 7 jours au sein de l’équipe. Afin de réduire le temps d’intervention, un véhicule d’astreinte est à la disposition du salarié d’astreinte, à son domicile, durant toute la durée de l’astreinte.
  • Une aide à l’installation est disponible pour les résidents qui quittent l’hébergement d’urgence.