Moyens déployés au delà du séjour en HUDA

Un demandeur d’asile étant par définition isolé, le service met tout en œuvre pour faciliter la vie des usagers après leur séjour dans le dispositif mais aussi, lorsque cela est possible, pour retisser les liens avec les proches égarés en chemin.

  • La sortie de l’hébergement

Nous apportons une aide financière afin de pourvoir au premier mois de loyer et au paiement de la caution. De plus chaque sortant intègre son nouveau logement avec du matériel de première nécessité. Un ou deux matelas suivant la composition familiale, un réchaud à gaz, une bouteille de gaz et son tuyau, vaisselle et casseroles. Par la suite, des aides peuvent être accordées par la commission d’aides financières exceptionnelles, dans un plafond de 2 aides annuelles. Il est à noter que cet accompagnement à l’autonomie n’est pas budgété dans des proportions correspondant à la réalité des besoins. Une fois encore, l’absence d’allocation pour les demandeurs d’asile (ATA) les prive de dignité, les contraint à faire appel à Solidarité Mayotte pour tous les actes du quotidien. Cela impose à nos équipes de travailleurs sociaux d’écarter l’accès à l’autonomie dans leur accompagnement social alors même que c’est la base du travail social et induit pour l’association des contraintes budgétaires certaines.

Au-delà de ces aides qui peuvent leur être accordées à la sortie de l’HUDA, ils doivent subvenir à leurs besoins par leurs propres moyens mais peuvent bénéficier tout de même de paniers alimentaires. Ces paniers, s’ils pourvoient tant bien que mal aux besoins alimentaires ne permettent pas de payer le loyer ni les énergies. Ainsi, sans droit de travailler, ni allocation d’aucune sorte, les demandeurs d’asile sont contraints de travailler clandestinement, de générer des revenus comme ils peuvent. La prostitution (hommes et femmes) est difficile à chiffrer du fait de sa discrétion, mais elle est présente massivement.

  • Visites à domicile

Elles ont pour but d’évaluer la capacité de l’usager à investir son nouveau logement et de vérifier les conditions de salubrité, la tolérance et la proximité des propriétaires, leur acceptation des migrants. Il faut relever qu’aucun propriétaire ne fait signer de bail car les pièces qu’ils louent sont très souvent insalubres, inaccessibles et dangereuses. Dans le cadre du Plan Départemental de Lutte contre l’Habitat Indigne le gouvernement s’est engagé par le biais du préfet à résoudre l’habitat indigne, la tâche est colossale.

Ces visites à domicile sont délicates puisque l’usager espère parfois pouvoir obtenir une aide supplémentaire du fait du dévoilement de ses conditions de vie. Gérer le refus dans de telles conditions reste un acte très difficile qui incombe aux travailleurs sociaux.

  • Soutien des liens avec le pays d’origine

Beaucoup de demandeur d’asile ont dû laisser derrière eux des proches en situation de grande précarité ou même de danger dans le pays. Certains étant sans nouvelle depuis leur départ il va de soi que l’inquiétude et les craintes qui en résultent sont des sources de souffrance psychologique considérable qui viennent se rajouter aux autres. Nous encourageons la reprise de contact par l’intermédiaire du service « tracing » de la croix rouge.